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Le karaté

 

KARATE DO SHOTOKAI

 

Le Karaté-do Shotokaï est représenté par quatre écoles au sein de la Ligue Midi-Pyrénées. Vu de loin, ce style est reconnaissable à ses positions extrêmement basses et à ses Zenkutsu très allongés.

 

Cette exigence de souplesse ne vise pas la beauté de la gestuelle en soi ; elle cherche surtout un maximum de profondeur dans les attaques – même si un geste est toujours « beau » lorsqu’il est « juste ».
Techniquement, la formation du poing est assez différente de celle du karaté Shotokan : le médius dépasse du poing, afin de concentrer toute l’énergie du coup sur les points vitaux.

 

Les tsuki sont délivrés dans l’intention de « traverser » l’adversaire, comme dans les techniques du sabre.

 

Pour atteindre le plus rapidement l’adversaire, c’est toujours le poing qui part en premier, soutenu par l’ensemble du corps unifié (sans dissociation du mouvement des hanches et des pieds, par exemple).

 

Puisque c’est l’ensemble du corps qui porte l’énergie du coup, il se laisse entraîner de manière fluide, sans blocage à la fin. Ainsi, les pieds accompagnent naturellement l’élan du corps (musoku : « les pieds sans intention »), jusqu’au bout de l’énergie du tsuki. A la fin de l’attaque, la distance parcourue en un seul pas est beaucoup plus longue que celle des autres styles de karaté. A l’arrivée, le corps est en semi-profil, ce qui renforce encore cette sensation d’allonge.

La recherche d’une fluidité constate dans l’écoulement du ki et d’une réalisation harmonieuse des mouvements dans un corps unifié conduisent à une exécution très souple des kata, sans coupures, sans manifestation ostensible de force ; la respiration et les kiaï restent silencieux.

 

Cette souplesse et cette fluidité ont une finalité : rechercher le silence intérieur, cet état mental indispensable pour percevoir l’attaque de l’adversaire, pour sentir sa présence, son corps, sa respiration et, surtout, de deviner intuitivement ses intentions.

 

En effet, si on parvient à se mettre en harmonie avec le partenaire, lorsque celui-ci attaquera, il va rompre cette harmonie : un laps de temps s’écoulera entre sa décision et son mouvement.

 

Il s’agit donc de s’entraîner à percevoir et maîtriser cet intervalle de temps, afin d’entrer directement dans l’attaque du partenaire. C’est la notion d’irimi, qu’on retrouve dans d’autres arts martiaux, qui permet d’avancer directement sur l’attaque pour la neutraliser le plus près possible de son point de départ.

 

Le but du travail est donc l’anticipation, jusqu’au stade où, comme le préconisait le Maître Shigeru Egami, « il n’y a plus ni attaque, ni défense, ni attaquant, ni défenseur, mais la recherche d’une véritable harmonie entre deux êtres humains ».

 

Si le défenseur a suffisamment anticipé la première attaque, un mouvement naturel suffira à le neutraliser (parce qu’il surprend l’attaquant au moment même où il commençait à engager son geste).

 

Inversement, si l’attaquant a bien perçu le « trou » de l’adversaire, une attaque profonde suffira, selon le précepte : « un coup, une vie ».

 

 Texte : Jésus Aguila